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Le jour où j’ai rencontré un photographe ambulant

Grézillé, le 19 Août 2020.

Le doyen du village troglodyte TrogloBal s’appelle Gajac. Ma première rencontre avec lui se fait dans la cour commune. Il sort de sa grotte, pipe au bec, et s’assoit discrètement. Il observe sans dire mot. Son regard malin, et son sourire bienveillant m’intriguent. Sans savoir pourquoi, j’éprouve directement une grande sympathie à son égard. J’entame la conversation maladroitement « Bonjour, c’est toi qui a pris les photos suspendues dans la cuisine ? » Il me répond par un hochement de tête puis « Tu as lu ma gazette ? » Je comprends qu’il me jauge. Il ne sait pas ce que je fais là, et veut en savoir davantage avant de se dévoiler.

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Le jour où j’ai dormi dans une grotte

Grézillé, le 14 Août 2020.

Je me dirige vers l’est, à travers les vignes et les campagnes au sud d’Angers. Un ami m’avait parlé d’un village étonnant. Cette étape de mon voyage n’est pas prévue, mais ma destination n’est pas un hasard. La carte me fait passer à travers des plantations de résineux, manifestement à l’abandon. Je m’égare à travers ce labyrinthe, mais découvre avec soulagement un minuscule panneau artisanal indiquant « Troglobal ». Je descends de vélo, et me retrouve devant une grande cour, entourée de falaises sculptées dans le tuffeau. Des ouvertures se dessinent, permettant d’accéder aux dédales troglodytes. Je suis accueillie par Sylvain, un jeune forgeron venu s’installer ici il y a quelques années. Ce soir, je dors dans une grotte.

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Le jour où j’ai croisé les marcheurs pour la paix

Saumur, le 15 Août 2020.

Les champs de blé et de tournesol laissent place aux rangées de vignes tirées au cordeau. Les grappes commencent à prendre leur jolie couleur rouge.

Cette nuit, je dors au milieu des vignes. Il faut du mérite pour arriver en vélo dans ce camping, tenu par un vigneron. Le terrain trône en haut d’une interminable pente raide. J’arrive épuisée mais retrouve immédiatement mon énergie au moment de découvrir le large sourire du gérant. « Enchanté, moi c’est Wilfried ». Issu d’une famille de vignerons, l’homme a « roulé sa bosse ». Il a travaillé de nombreuses années dans l’installation et l’entretien de lignes hautes tensions. Wilfried me raconte humblement ses aventures, perché sous le blizzard au sommet de ses pylônes. A l’époque, les équipements de protection n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Les accidents étaient malheureusement fréquents et mortels. Wilfried garde son éternel humour, mais ses yeux deviennent brillants lorsqu’il se remémore ces histoires.

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Le jour où une étoile m’a guidée

Amboise, le 10 août 2020.

Je rejoins la Loire juste après Blois, et décide de me diriger vers Amboise. L’ambiance change complètement. C’est un itinéraire très touristique, surtout pour les cyclistes. La Loire amène de la verdure, des arbres sur les berges inondables, et la voie verte la longeant est parfaitement entretenue. Evidemment, je rate un panneau, et me retrouve sur une nationale peu empruntée par les voitures. Un chemin stabilisé descend, mais se rétrécit peu à peu. Je me retrouve à braver la végétation sur deux kilomètres. Je regrette de m’être mis en short, car mes jambes se retrouvent entièrement lacérées par les ronces, orties et autres chardons peu enclins à me laisser passer. La route n’est pas loin, mais le talus ne me permet pas de remonter mon vélo. Je finis par trouver un passage pour remonter, puis reste sagement sur la nationale, maudissant mon inattention.

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Le jour où j’ai déniché des mains d’or

Arcisses, le 8 août 2020.

La voie verte du Perche

Je m’arrête dans un petit village isolé du perche. J’ai quitté la voie verte monotone, pour retrouver les éternels champs de blé, de tournesol et de maïs. Les montées et descentes s’enchaînent sans interruption. Je m’assois à la terrasse d’un petit café, en écoutant le patron me raconter l’histoire des 3 pompes à essence anciennes voisines. « La propriétaire est décédée il y a 5 ans, mais la mairie devrait les enlever prochainement. » Devant mon café encore brûlant, un bruit sec me fait sursauter. Il provient d’une tapette à mouche, violemment projetée contre la vitre par la patronne du bar. Mon voisin de table me sourit en me disant « Ça surprend la première fois ».

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Le jour où j’ai planté des tétragones sur un terrain de foot

Langouët, le 27 juillet 2020

Je repars vers l’inconnu. Me retrouvant devant un camping municipal fermé, je suis merveilleusement hébergée par Candice, Louis et Alain à Langouët, via l’application Warmschowers. Dans cet imprévu, je me retrouve dans un village pionnier en matière d’écologie. Candice et Louis, 24 ans, se sont rencontrés en formation d’ingénieur en environnement. Ils ont souhaité vivre en accord avec leurs convictions environnementales. Il y a un an, ils ont créé une micro-ferme sur l’ancien terrain de foot de la commune. C’est lors d’un atelier citoyen, que les habitants ont lancé l’idée de produire les fruits et légumes de la cantine scolaire sur la commune. Cet espace est à l’abandon depuis 20 ans, et la commune s’est engagée dans une démarche zéro pesticides.

Le couple a commencé l’exploitation sans aucune connaissances antérieures, soutenus par les habitants engagés et aidés de leur bon sens. Un pari fou, qui porte aujourd’hui ses fruits, car le jardin bio, baptisé « Le champ de patates », alimente non seulement la cantine, mais également les habitants de la commune, via une vente hebdomadaire au café associatif La Cambuse. Ce lieu de convivialité ouvert 2 fois par semaine rassemble les citoyens de la commune, et créé une dynamique d’entraide et de partage. Il propose des concerts, des événements culturels. Et ce n’est pas tout ! Mus par une volonté d’accès à des produits locaux, et sans boulangerie, l’association a auto-construit un four à pain. Candice et Louis se sont lancés dans la panification, et proposent chaque semaine de transmettre leurs connaissances grâce à un atelier participatif. Leur colocataire et ami Alain s’est lancé de son côté dans la vente de pizzas cuites dans ce même four à pain.

A ce moment de mon aventure, je suis profondément envahie par un sentiment de confiance. Les habitants engagés de ce village de 300 habitants ont créé une fabuleuse dynamique, qui amène un foisonnement d’idées et de projets collaboratifs.

Je propose à mes hôtes de les aider au jardin le lendemain. Je découvre alors un potager multicolore, où leurs plantations de légumes, de fleurs, de plantes à tisanes, ou encore d’herbes aromatiques ont l’air fructueuses. Leur sérénité et leur confiance sont contagieuses. On s’y sent bien, et en parfaite harmonie avec la nature. Nous passons une magnifique soirée sur place, en expérimentant les nouvelles plaques à gaufres sur le petit four artisanal construit par Alain, à l’orée du potager. Ce débrouillard s’émerveille constamment, il savoure chaque instant, avec sourire et bienveillance.

Par le pur hasard, j’ai découvert un petit coin de paradis, au milieu d’une campagne où poussent d’immenses champs de maïs pour les vaches. Le contraste est saisissant. Je repars une fois de plus vers l’inconnu, le cœur rempli d’espoir et de moments magiques passés avec mes hôtes. De telles initiatives ne sont pas si isolées, et je découvre une fois de plus que tout est possible.

Portraits

Korsé, artiste illustrateur

Histoires de passionnés, à emporter dans son petit baluchon

Quelles sont nos sources d’inspiration ? La réponse m’est venue rapidement : les rencontres. Mes projets se sont dessinés en grande partie grâce à ces amis, ces artistes et ces passionnés qui m’inspirent à travers leurs vies. Ils ont accepté de parler d’eux, et de dévoiler ce qui les anime dans cette série de reportages.


Je pense que tout humain est artiste

Music by Bimbotronic – <a href="http://<a href="https://icons8.com/music/author/ann-abel">Ann AbelAnn Abel from Icons8

Nico, alias Korsé, est passionné de dessin depuis toujours. Mais pas que ! Derrière son coup de crayon incroyable, ses œuvres naissent de ses idées engagées et de son humour. Il a accepté de se livrer avec énergie et positivité.

Pour en savoir plus : https://www.instagram.com/kafekorse/?hl=fr

Évasions confinées, Journal du confinement

Évasions confinées #3

Depuis plus d’un mois, mon univers se résume à mon logement. Mon appareil photo reste confiné aussi. Je regarde souvent par la fenêtre et m’imagine un paysage glissé entre les immeubles, ou un océan caché derrière ma porte d’entrée. Je me rappelle que ces moments sont là, gravés sur mes photos. Alors je parcours ma vie antérieure avec nostalgie, comme une thérapie par le souvenir. Ces images s’entremêlent à ma vie quotidienne. Un jour, je jette un regard à cet appareil photo, qui me nargue sur son étagère. Il prend la poussière. Je l’attrape et appuie sur le déclencheur.

La suite de cette histoire se trouve sur ces images.

Retrouve la seconde série ici

Ancrage
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Évasions confinées, Journal du confinement

Évasions confinées #2

Depuis plus d’un mois, mon univers se résume à mon logement. Mon appareil photo reste confiné aussi. Je regarde souvent par la fenêtre et m’imagine un paysage glissé entre les immeubles, ou un océan caché derrière ma porte d’entrée. Je me rappelle que ces moments sont là, gravés sur mes photos. Alors je parcours ma vie antérieure avec nostalgie, comme une thérapie par le souvenir. Ces images s’entremêlent à ma vie quotidienne. Un jour, je jette un regard à cet appareil photo, qui me nargue sur son étagère. Il prend la poussière. Je l’attrape et appuie sur le déclencheur.

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Quarantaine
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Évasions confinées, Journal du confinement

Évasions confinées #1

Depuis plus d’un mois, mon univers se résume à mon logement. Mon appareil photo reste confiné aussi. Je regarde souvent par la fenêtre et m’imagine un paysage glissé entre les immeubles, ou un océan caché derrière ma porte d’entrée. Je me rappelle que ces moments sont là, gravés sur mes photos. Alors je parcours ma vie antérieure avec nostalgie, comme une thérapie par le souvenir. Ces images s’entremêlent à ma vie quotidienne. Un jour, je jette un regard à cet appareil photo, qui me nargue sur son étagère. Il prend la poussière. Je l’attrape et appuie sur le déclencheur.

La suite de cette histoire se trouve sur ces images.

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