Non classé, voyage

Le jour où une étoile m’a guidée

Amboise, le 10 août 2020.

Je rejoins la Loire juste après Blois, et décide de me diriger vers Amboise. L’ambiance change complètement. C’est un itinéraire très touristique, surtout pour les cyclistes. La Loire amène de la verdure, des arbres sur les berges inondables, et la voie verte la longeant est parfaitement entretenue. Evidemment, je rate un panneau, et me retrouve sur une nationale peu empruntée par les voitures. Un chemin stabilisé descend, mais se rétrécit peu à peu. Je me retrouve à braver la végétation sur deux kilomètres. Je regrette de m’être mis en short, car mes jambes se retrouvent entièrement lacérées par les ronces, orties et autres chardons peu enclins à me laisser passer. La route n’est pas loin, mais le talus ne me permet pas de remonter mon vélo. Je finis par trouver un passage pour remonter, puis reste sagement sur la nationale, maudissant mon inattention.

Mon vélo au milieu des ronces
Champs arrosés à midi, en bord de Loire.

Peu après, je tombe sur un panneau indiquant une route barrée. Comme d’habitude, je tente, peu attirée par la déviation vers un coteau escarpé. Evidemment, c’est raté, et je dois faire demi-tour. Décidément, ma journée continue comme elle avait commencé. Arrivée en haut de la côte, poussant mon vélo à bout de bras, j’entends une fois d’homme, venue de nulle part. Je regarde autour de moi, sans en déterminer la provenance. L’homme réitère ses mots. Je lève la tête, et l’aperçois, en fauteuil roulant, trônant derrière son balcon. Sa prestance me rappelle le parrain, dans le film portant le même nom. Il dégage une aura incroyable. Je me retrouve comme une enfant, levant la tête en lui indiquant me diriger vers Amboise. Jean-Louis Bracchi me guide du haut de son balcon, telle l’étoile du Berger. Sa bienveillance se ressent au premier regard. Il rit aux éclats, me demande si j’ai soif, si j’ai besoin de quelque chose, et me raconte qu’il était danseur étoile lorsqu’il avait 15 ans, puis artiste à la Comédie française et au Châtelet. Il s’est engagé dans l’armée à 19 ans, donc le sport, il connaît. Mais la vie l’a contraint à arrêter à cause d’une sclérose en plaques. Il m’encourage avec bonté, et demande que l’on me rapporte un soda et une bouteille d’eau.
Il y a des moments marquants dans une vie, que l’on n’oublie jamais. Et l’image de cet homme du haut de son balcon restera gravée à jamais dans ma mémoire. Je repars vers l’inconnu, avec ce soda dans mon baluchon, qui me rappelle la chanson de Brassens, L’Auvergnat.
Quand rien n’est prévu, tout est possible, surtout lorsque l’on s’y attend le moins.

Bords de Loire

1 réflexion au sujet de “Le jour où une étoile m’a guidée”

  1. Dis-moi tu as un sacré coup de pédale !… Toujours aussi sublimes tes récits mais aujourd’hui encore plus touchant ! Dommage que Jean-Louis Bracchi n’ait pas eu connaissance de notre ami Dominique Guyaux atteint de sclérose en plaques à 29 ans (1985), aujourd’hui il écrit et enseigne un moyen de vaincre cette maladie. Egalement sur wordpress !
    Vendredi je reprends la route (blablacar) pour rejoindre ma petite famille sur l’ile d’Oléron… les réseaux sociaux seront en second plan… Bonne continuation Mélusine !…

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