voyage

Le jour où j’ai déniché des mains d’or

Arcisses, le 8 août 2020.

La voie verte du Perche

Je m’arrête dans un petit village isolé du perche. J’ai quitté la voie verte monotone, pour retrouver les éternels champs de blé, de tournesol et de maïs. Les montées et descentes s’enchaînent sans interruption. Je m’assois à la terrasse d’un petit café, en écoutant le patron me raconter l’histoire des 3 pompes à essence anciennes voisines. « La propriétaire est décédée il y a 5 ans, mais la mairie devrait les enlever prochainement. » Devant mon café encore brûlant, un bruit sec me fait sursauter. Il provient d’une tapette à mouche, violemment projetée contre la vitre par la patronne du bar. Mon voisin de table me sourit en me disant « Ça surprend la première fois ».

C’est ainsi que je fais la connaissance de Guillaume, qui s’apprête à déménager dans le sud avec sa fille. Nous discutons quelques minutes, et apprenant que j’étais ébéniste, insiste pour me présenter Julien, dit Julius, un ami. Il arrive à le joindre au téléphone et le rendez-vous est pris. Nous chargeons le vélo dans son camion de déménagement encore vide pour rejoindre l’atelier.

L’ébénisterie se situe au bout d’un minuscule chemin, dans une ancienne bâtisse rénovée par Julien et sa femme. L’intérieur est frais, vis à vis des 36°C de l’extérieur. Je découvre un petit atelier aux pierres apparentes. L’artiste n’a aucune carte de visite. Son nom n’apparaît nulle part sur internet mais sa discrétion ne l’empêche pas de réaliser des chefs d’œuvres. Julien me montre avec fierté le livre édité par un artiste sculpteur, pour lequel il a réalisé un échiquier. Le travail est minutieux et créatif. Mes découvertes ne s’arrêtent pas là. Il me montre ses arcs, fabriqués à la main en bois et fibre de verre. Il réalise même la corde. « Je ne chasse que les champignons », me répond-il lorsque je lui demande s’il chasse.

Une commande urgente attendant d’être livrée, je prends congé et repars à nouveau vers l’inconnu, en remerciant Julien, qui a pris le temps de m’accompagner. Cette brève rencontre me conforte dans l’idée que tout est possible, avec de la créativité, du talent et de la passion !

2 réflexions au sujet de “Le jour où j’ai déniché des mains d’or”

  1. Encore une très Belle découverte avec cet humble artiste, il a dû faire le compagnonnage !… et par la même occasion je découvre que tu es ébéniste, original !… J’ai travaillé également le bois mais de manière plus générale : meubles, escaliers, charpentes, fauteuils de spectacle… et aussi le métal, aujourd’hui je suis dans la construction et le bois revient en force avec le E+C- et c’est une bonne chose, j’ai un parcours atypique… Tu ne parles pas de tes difficultés, de la chaleur etc., tu ressembles un peu à Julien, tu n’exposes que la beauté du jour et avec talent !… Merci Mezuline…

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    1. Merci pour ces compliments Gérard. Travailler le bois est un plaisir effectivement ! Je ne parle pas des difficultés comme la chaleur, tout simplement car il n’y a pas grand chose à dire…Il fait chaud…Je m’hydrate et reste à l’ombre, mais BFM sait sûrement mieux en parler que moi 🙂
      Bonne soirée !
      Mélusine

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