Journal du confinement

Confinement, jour 3.

Éloge du temps

Nous évoluons dans une spirale de sollicitations continues depuis quelques décennies. Nous avons l’habitude du stress, de la vitesse, de l’action permanente. Les séquences des films sont de plus en plus rapides, et nous avons l’habitude du tout, tout de suite. Stop ! confinement oblige. Du jour au lendemain, tout est bousculé.

Le temps qui passe est relatif. Il paraît interminable dans les moments d’ennui. Il manque quand on est débordé. Il file trop vite lorsqu’on est bien. Mais là, le temps s’est arrêté, et on se retrouve en tête à tête avec son imperturbable progression. Quel bonheur ! Autour de moi les voisins s’activent. Ils commencent par le ménage. Les recoins de la maison qui en avaient besoin, les herbes folles oubliées derrière la cabane ou les cartons entassés dans le garage depuis trop longtemps. Ce grand ménage de printemps est une préparation au confinement. On fait de la place chez soi, comme une thérapie par le vide. On ménage sa propre monture, la prison dorée qui nous accompagnera durant ces prochaines semaines.

Lorsque tout est rangé, place à la réflexion. Le temps d’un bilan de la situation. Que va-t-on faire de tout ce temps disponible ? Enfermés, on cherche les moyens de s’évader. Physiquement, nous n’en avons pas la possibilité, mais notre cerveau est là, et il est prêt.

La créativité est un exutoire, on retrouve ses vieux pinceaux séchés, ses carnets à moitié remplis, ou sa guitare aux cordes rongées par la rouille. Une échappée artistique. Je me demande aujourd’hui quelles seront les conséquences de cette crise sanitaire sur le monde de l’art. J’en suis émue. Simplement avec du temps, combien d’artistes vont se révéler ? Combien d’oeuvres vont naître ?

Pendant ce temps, internet nous ouvre les portes vers une culture infinie. Un tsunami de connaissance s’abat et brise notre confinement. L’accès aux musées, aux livres numériques, aux films et documentaires devient entièrement gratuit ! C’est le moment aussi pour apprendre une langue. On estime qu’il faut entre 48 et 72 jours pour avoir les connaissances de base d’une langue étrangère, en travaillant 10h par jour. Effectivement, c’est long, mais profitons en ! Combien de fois avez-vous dit qu’il faudrait améliorer votre anglais ? Maintenant que vous avez le temps, vous n’avez plus d’excuses !

C’est le moment aussi de profiter de l’instant présent. Prendre le temps de faire de toutes ces choses que l’on repousse éternellement, faire du sport, son potager si l’on a un jardin, cuisiner. Regarder par la fenêtre les oiseaux qui ne sont plus dérangés par la vie humaine, et la nature sortir de son repos hivernal. Réfléchir à sa vie et prendre du recul. Être vivant, tout simplement, et reconnaissant pour chaque instant, chaque plaisir ou confort qui nous paraissait anodin. Il est temps de profiter du sourire d’un voisin, d’un apéro visio avec ses proches, ou des yeux pétillants de ses enfants.

Et toi, comment comptes-tu en profiter ?

1 réflexion au sujet de “Confinement, jour 3.”

  1. Pour certains ce confinement c’est l’opportunité de la méditation, de la connaissance, d’une pause dans nos vies à toute vitesse.
    Pour d’autres, les oubliés (encore une fois) c’est le début de l’enfer. Ils sont les banlieusards coincés dans un appart beaucoup trop petit pour cette grande famille. Ils sont ces enfants enfermés avec un parent et ses problèmes d’alcoolisme. Elles sont ces femmes bloquées avec un mari qui confond amour et violence. Elles sont ces personnes âgées dont les enfants sont loin tout aussi loin que ce supermarché qu’elles ne pourront rejoindre à pieds. Ils sont ces personnes fragiles qui se retrouvent seules face à leurs terreurs. Et enfin ils sont ces sans abris qui aimeraient bien être confinés et méditer.
    Face à eux les services sociaux ont fermé leurs portes, les associations se vident de leurs bénévoles trop âgés. Restent quelques mairies qui se battent avec ce qu’elles ont ; pas grand choses.
    Un jour les pouvoirs publics et les médias se réveilleront de leur confinement et alors je n’ose imaginer les dégâts sociaux de cette pandémie.

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